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L’Année psychologique

Research Article

Que mesure l’interférence Stroop ? Quand et comment ? Arguments méthodologiques et théoriques en faveur d’un changement de pratiques dans sa mesure

Maria Augustinovaa1a2 c1, Eva Almeidaa3, David Clarysa4, Ludovic Ferranda1a2, Marie Izautea1a2, Isabelle Jalenquesa5a6, Catherine Juneaua1a2, Alice Normanda1a2 and Laetitia Silverta1a2

a1 1Clermont Université, Université Blaise Pascal, Laboratoire de Psychologie Sociale et Cognitive, Clermont-Ferrand, France

a2 2CNRS, UMR 6024, LAPSCO, Clermont-Ferrand, France

a3 3Centre de prévention Bien Vieillir Agirc-Arrco Auvergne, Clermont-Ferrand, France

a4 4CNRS, UMR 7295, Centre de Recherches sur la Cognition et l’Apprentissage, Université de Poitiers, Poitiers, France

a5 5CHU Clermont-Ferrand, Service de Psychiatrie de l’Adulte A et Psychologie médicale, Pôle de Psychiatrie, Clermont-Ferrand, France

a6 6Clermont Université, Université d’Auvergne Clermont 1, EA 7280, UFR Médecine, Clermont-Ferrand, France

Résumé

Destiné autant aux chercheurs qu’aux praticiens, le présent article argumente que de nombreuses implémentations actuelles de ce que l’on appelle de manière générique la tâche Stroop, reposent sur des connaissances méthodologiques et théoriques aujourd’hui dépassées. Il en résulte que l’interférence Stroop mise en évidence par les différentes versions en vigueur de la tâche Stroop a) est souvent surévaluée et b) ne permet pas de mesurer directement la contribution des différents processus qui en sont à l’origine. Après avoir exposé les arguments théoriques et méthodologiques sous-jacents à ces deux constats, cet article préconise le recours à une implémentation dite sémantique de la tâche Stroop qui permet de remédier aux problèmes théoriques et méthodologiques identifiés (Augustinova & Ferrand, 2014b  ; Neely & Kahan, 2001). Particulièrement simple à mettre en place aussi bien en laboratoire que sur le terrain, la tâche Stroop sémantique rend le changement de pratiques qui s’impose à la portée de tous – chercheurs, comme praticiens.

What the Stroop inference actually measures? When and how? Methodological and theoretical arguments in favor of change in its measurement

This paper highlights the fact that numerous ways of implementing what is commonly referred to as the Stroop task in both psychological research and practice are based on obsolete methodological and theoretical knowledge. As a consequence, the Stroop interference brought about by these implementations is a) often over estimated and b) does not allow the direct measurement of its qualitatively different components. We first expose several theoretical and methodological arguments supporting those claims and we then recommend the use of the so-called semantic Stroop task (Augustinova & Ferrand, 2014b ; Neely & Kahan, 2001) in order to overcome the problems we put forward. We advocate that the semantic Stroop task is particularly simple to implement in the laboratory as well as in the field and therefore makes the much-needed change in practice within anyone’s reach.

(Online publication March 01 2016)

Correspondence

c1 Correspondance : Maria Augustinova, Université Blaise Pascal, Laboratoire de Psychologie Sociale et Cognitive, LAPSCO UMR 6024 CNRS, 34 avenue Carnot, 63000 Clermont-Ferrand. E-mail : Maria.Augustinova@univ-bpclermont.fr Nous remercions les experts (dont François Maquestiaux) pour leurs précieuses suggestions ayant permis d’améliorer cet article. Cet article a suivi la procédure habituelle d’expertise, Pascale Colé ayant géré entièrement la procédure, du choix des experts à la décision éditoriale finale.

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